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Eloge de la frugalité en Algérie

dimanche 16 août 2009, par Rédaction

Le gouvernement semble prêcher les bienfaits de la frugalité en Algérie pour convaincre les Algériens de ne pas surconsommer.

La frugalité en Algérie. Les prix flambent, comme de coutume, à l’approche du Ramadhan en Algérie. Dans le marché algérien très spécifique, la loi de l’offre et de la demande est également très spécifique. C’est qu’on oublie un peu trop que dans les économies de marché, ce n’est pas la loi de la jungle. Des Etats jouent leur rôle de régulateurs, des groupes organisés, comme les associations de protection des consommateurs, contribuent au contrôle et dénoncent, en allant parfois devant les tribunaux, les abus. C’est un combat incessant et cela marche. C’est un tout aussi. Dans une Algérie où la scène politique est organisée pour cultiver les apparences et où les partis politiques sont quantité négligeable, il est illusoire de s’attendre à l’existence d’associations de consommateurs performantes. Il ne s’agit pas de faire le procès des associations qui existent, elles ont bien du mérite. Ceux qui en font partie peuvent même être considérés comme des perles rares qui s’intéressent au bien public dans un contexte où règnent la débrouille et le chacun pour soi. Mais ces associations ne peuvent avoir d’impact notable sur l’évolution des choses.

Récemment, on a pu entendre à la radio un responsable du ministère du Commerce expliquer que l’Algérie disposait d’un véritable arsenal juridique destiné à protéger le consommateur. C’est sans doute vrai, mais comme dans beaucoup d’autres cas, leur mise en oeuvre est aléatoire. Ce même responsable invitait les « consommateurs » et les associations de protection du consommateur à assumer leurs « responsabilités ». Du classique. Mais que peuvent faire des associations, aux moyens réduits, quand les services de l’Etat - qui assume cette fonction - paraissent dépassés ? Tout cela a donc un air de déjà-vu qui se répète chaque année. Il faudra peut-être prendre acte que le souci de l’Etat de tout contrôler se traduit dans les faits par une impuissance à réguler. Quand les Algériens s’offusquent des prix, les responsables bottent en touche en faisant remarquer que les produits sont disponibles. Ce n’est, bien entendu, pas le même sujet et nos responsables le savent. Ce qu’il faut en déduire est qu’ils n’y peuvent rien et que le très spécifique marché algérien fonctionne comme bon lui semble. Bien sûr, on aura l’habituel appel à la « modération » de l’Union des commerçants et quelques imams prêcheront également dans le même sens. Chacun aura le sentiment d’avoir fait « quelque chose », même si dans la réalité ce quelque chose n’est d’aucun effet.

Synthèse de Mourad, www.algerie-dz.com
D’après le Quotidien d’Oran