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Explosion des crédits à la consommation en Algérie

mardi 10 février 2009, par Rédaction

Le montant des crédits à la consommation accordés en Algérie a atteint 100 milliards de dinars en 2008 selon l’ABEF.

Hausse des crédits à la consommation en Algérie. L’engouement populaire pour les crédits à la consommation fait craindre le pire. Les prémices d’une crise de surendettement des ménages algériens, semblable à celle des prêts « subprime » qui avait ébranlé toute l’économie mondiale, se multiplient. Le marché du crédit à la consommation en Algérie connait un boom inquiétant et la situation n’a cessé de s’empirer ces deux dernières années avec l’arrivée en force de filiales de banques étrangères venues tâtonner un marché en effervescence. Dans les années 90, les Algériens n’avaient accès qu’au crédit immobilier accordé au compte-goutte par des banques publiques, très exigeantes en matière de garanties, à certains clients triés sur le volet. Aujourd’hui, les temps ont changé et il existe, selon les dernières estimations, 12 formules de crédit à la consommation (véhicule, micro-ordinateur, appareil électroménager…). Certaines banques innovent en Algérie en proposant à sa clientèle des formules « excentriques ». On assiste ainsi au crédit hallal avec taux d’intérêt de 7% pour une Omra… ! Il y a d’autres formules « farfelues » comme le crédit « étude » ou le crédit « loyer » pour 24 mois avec un taux d’intérêt avantageux de…11%. La situation actuelle a poussé un expert en économie à comparer le marché du crédit à la consommation en Algérie à un vrai souk. Les économistes sont unanimes. Les ménages algériens sont au bord de l’endettement excessif et les banques risquent prochainement de prendre les impayés en pleine tronche.

Côté statistiques, les chiffres confortent ce scénario crash. En 2008, les ménages algériens se sont fortement endettés pour atteindre la barre symbolique des 10.000 milliards de centimes. Les jeunes s’engouffrent Le marché du crédit à la consommation en Algérie a progressé, durant la même année, de 25% par rapport à 2007, soit un portefeuille de 2.450 milliards de dinars (245.000 milliards de centimes) en raison, notamment, des facilitations accordées par les banques aux salariés. Pour le crédit immobilier, il a également enregistré une hausse de 15% en 2008 (150 milliards de dinars). La majorité des crédits avait été accordée par les banques à des entreprises publiques et privées pour investissement, soit 90%. Les financiers, et à leur tête le président de l’Association des banques et établissements financiers (ABEF), s’inquiètent sérieusement de cette menace de l’endettement excessif sur les ménages. Comment peut-on se retrouver dans une situation de surendettement ? « Si les crédits dépassent 40% des revenus, le client est en situation d’endettement excessif », selon les experts. En réalité, certaines banques acceptent, aujourd’hui même, la moitié du salaire du client pour accorder un crédit à la consommation. Cette course vers le surendettement s’est accélérée avec l’arrivée de nouvelles banques étrangères sur le marché algérien. Les crédits à la consommation sont disponibles dans toutes les banques pratiquement. Il y a une concurrence acharnée entre banques sur la qualité, le coût et la diversité des produits pour attirer le maximum de clients. Conséquence de ce sprint vers le gouffre, les banques deviennent de plus en plus complaisantes en offrant des facilités pour l’accès aux crédits tout en réduisant les garanties de remboursement.

Synthèse de Rayane, www.algerie-dz.com
D’après le Financier