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Fertiberia investit en Algérie

mercredi 20 avril 2005, par Stanislas

Fertiberia investit en Algérie et devrait notamment construire une usine de production d’ammoniac à Arzew.

Répartie essentiellement entre la construction d’un centre de production d’ammoniac à Arzew (315 millions d’euros) et une prise de participation de 66% (équivalent de 123 millions d’euros) dans deux entreprises du secteur, Alzofert d’Annaba et Fertial d’Arzew -ce qui ne manquera pas d’améliorer leurs installations- ainsi que la prise en charge d’une dette de 154 millions d’euros, une somme de 721 millions d’euros, soit près d’un milliard de dollars (938,23 millions de dollars), sera investie en Algérie par le groupe espagnol Fertiberia, spécialisé dans la production d’engrais.

L’usine d’Arzew comptera parmi les plus importantes au monde et sa production sera de plus de 1,1 million de tonnes d’ammoniac par an. C’est, du moins, ce qui ressort des propos du président du groupe espagnol Fertiberia, Juan Miguel Villar Mir, dans la presse espagnole d’hier -reprise par l’AFP- cité notamment par El Pais et Expansion, qui précise que cet investissement dans l’industrie des engrais en Algérie devrait permettre au groupe espagnol de devenir la deuxième entreprise européenne du secteur des engrais. Présentement et avant cette opération en Algérie, Fertiberia pointe à la quatrième place en Europe. Fertiberia est spécialisée dans la fabrication des engrais et son intérêt pour l’entreprise algérienne Asmidal, leader régional en fertilisants (engrais phosphatés, engrais azotés...) ne date pas d’aujourd’hui puisque des discussions avaient été entamées depuis quelque temps déjà avec la partie algérienne. Le marché algérien de l’industrie chimique est jugé attractif et porteur. Dans le cas de Fertiberia comme dans les autres perspectives d’arrivée de diverses autres entreprises, espagnoles ou d’autres pays, le degré de facilitation de leur entrée sur le marché algérien a été maintes fois mis en avant.

Dominés jusque-là par le pétrole à travers la présence notable de Repsol dont les investissements dépassent les 1 600 millions d’euros à Gassi Touil et le Medgaz devant relier dans les prochaines années Beni Saf à Almeria, et en attendant les grands chantiers des travaux publics (autoroutes, chemins de fer, secteur du bâtiment...), les projets algéro-espagnols semblent trouver un nouvel élan avec la projection de coopération et d’investissements relatifs aux fertilisants, particulièrement avec l’installation par les Espagnols d’une usine d’engrais à Arzew, dans l’Oranie.D’autres secteurs d’investissements pourraient connaître des relances certaines à l’image de celui financier par exemple puisque des banques étrangères sont de plus en plus attirées par le marché algérien. L’interconnexion électrique, également envisagée, reste en consultation entre les responsables des deux pays. Lors de sa rencontre fin février dernier à Madrid avec le « patron des patrons » espagnols, José Cuevas Salvador, président de la Confédération espagnole des organisations patronales (CEOE), le président de la République a mis l’accent sur la présence des entreprises économiques espagnoles et l’importance du rôle qu’elles peuvent y jouer.

La richesse de l’Algérie dans le domaine de l’énergie et des mines n’étant plus à présenter, c’est donc vers d’autres secteurs stratégiques que lorgnent les planificateurs algériens, le plus souvent en collaboration et en partenariat ciblé comme c’est le cas en ce qui concerne cette coopération algéro-espagnole portant sur les engrais. L’intensification de la production agricole étant assise, outre l’irrigation, sur l’utilisation rationnelle des engrais, il est attendu que l’Algérie, dans sa stratégie nationale de développement de l’agriculture, puisse bénéficier de la présence annoncée de ce groupe espagnol dès les prochaines années. Bien plus que cela, il s’agira, dans la continuité de la présence annoncée de Fertiberia, de conduire les autres grandes entreprises espagnoles à porter un meilleur intérêt au dossier des privatisations en Algérie.

Il est à rappeler qu’Abdelaziz Bouteflika et José Luis Rodriguez Zapatero ont eu, comme cela avait été le cas en février dernier à Madrid, à réitérer les liens bilatéraux denses et stratégiques unissant l’Algérie et l’Espagne, unies depuis 2002 par la signature d’un traité d’amitié et de bon voisinage. Le 24 février dernier à la Moncloa, siège de l’Exécutif du royaume à Madrid, le chef de l’Etat algérien et le président du gouvernement espagnol avaient souligné la projection qu’ont l’Algérie et l’Espagne de conclure un « accord global de coopération économique et financière » à même de « conforter le caractère stratégique des relations bilatérales ».

Par Y. H., latribune-online.com