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L’Algérie devient le réceptacle des produits arabes

lundi 7 décembre 2009, par Rédaction

L’adhésion de l’Algérie à la Grande zone arabe de libre-échange devait offrir de nouveaux débouchés aux exportateurs algériens.

L'Algérie devient le réceptacle des produits arabes. Ces derniers ont dû déchanter moins d’une année après l’entrée en vigueur de cet accord en constatant que la circulation des biens n’est valable que dans un seul sens. « Les pays arabes mettent en place des barrières non tarifaires, quand bien même on dit qu’il y a une zone de libre-échange, que les produits peuvent circuler plus librement », a ainsi indiqué un responsable au sein du secrétariat de la commission technique de suivi et d’évaluation des zones de libres-échange qui a requis l’anonymat. Cet organisme se fait l’écho des inquiétudes des opérateurs algériens. Au vu des nombreuses doléances qui lui sont adressées par les exportateurs, il apparaît que la fraternité arabe s’arrête aux discours et s’apparente à un vœu pieux. Afin d’amortir l’impact des avantages tarifaires induits par l’accord, certains pays ont imposé en parallèle aux exportateurs algériens de lourdes procédures administratives qui décourageraient les plus téméraires d’entre eux. Un exportateur qui voudrait placer ses produits en Egypte sera confronté à toutes sortes d’obstacles bureaucratiques. « Avant, la facture et le certificat d’origine étaient envoyés directement, mais maintenant il faut qu’ils passent par l’ambassade d’Egypte en Algérie pour les faire viser. Il s’agit d’une perte de temps et d’argent qui créent des frais supplémentaires », raconte ce responsable.

Le parcours du producteur algérien, qui souhaite exporter vers la Libye, est tout aussi semé d’embûches. « Nos amis libyens exigent une tonne de papiers. Dès qu’il y a quelque chose qui n’est pas claire, ils renvoient et la marchandise et les documents. Il faut aussi viser les documents commerciaux au consulat de Libye en Algérie et au niveau du ministère algérien des affaires étrangères. Ce n’est qu’après une longue procédure qu’il peut atteindre les frontières libyennes », souligne notre source qui signale que les tunisiens ne manquent pas, eux aussi, d’imagination lorsqu’il s’agit d’entraver l’entrée de produits algériens dans leur marché. « Ils demandent parfois des papiers qui sont difficiles à obtenir », note-t-il. Une entreprise de production de jus, qui a pignon sur rue en Algérie et qui devait exporter en Tunisie, en a fait l’amère expérience en se voyant exiger un certificat de dioxine. « C’est le genre de papiers qui n’existent pas. Ce sont des obstacles qu’on met en place pour bloquer l’entrée du produit algérien sur ce marché », soutient notre interlocuteur. S’il y a péril en la demeure, c’est parce que l’Algérie a fait entrer elle-même le loup dans la bergerie. Pour les professionnels, il serait de mauvaise foi d’attribuer ces contre-performances uniquement aux réactions somme toute compréhensibles de ces pays qui œuvrent pour la protection de leur production nationale. Selon eux, la machine était grippée d’avance et les sociétés algériennes ont été livrées pieds et poings liés à la concurrence internationale, sans pour autant qu’il y ait un accompagnement de l’Etat pour leur permettre de s’intégrer en douceur dans les zones de libre-échange.

Synthèse de Samir, www.algerie-dz.com
D’après El Watan