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La gestion de l’argent public en Algérie peu transparente

mardi 21 avril 2009, par Rédaction

La gestion de l’argent public en Algérie demeure peu transparente et les dépenses publiques peu rationnelles selon l’économiste Abdelmalek Serraï.

La gestion de l'argent public en Algérie. Elever le niveau de rigueur dans la gestion de l’argent public en Algérie, préparer le pays à l’ère de l’après-pétrole à travers la diversification et la densification du tissu économique du pays et la décentralisation, ce sont là les propos clés tenus par le président de la République lors de son discours d’investiture. Le Président a aussi promis de faire profiter tous les Algériens de l’aisance financière du pays, y compris ceux des zones reculées, les capacités financières du pays permettant de réaliser ces objectifs. Un montant de 150 milliards de dollars a été consenti pour le prochain plan quinquennal en plus du Fonds national d’investissements de 1,875 milliard de dollars (150 milliards de dinars). Il reste à savoir s’il y aura vraiment de la rigueur et du rationalisme dans la gestion de cet argent en Algérie. Certains le pensent arguant que l’Etat est appelé à faire preuve de vigilance pour la simple raison que ce budget a été dégagé au moment où le monde est frappé par une crise économique. « Cet argent a été mobilisé pour réaliser des projets précis dans un délai déterminé, alors je ne pense pas que l’Etat puisse se permettre des largesses en ces temps de crise », estime l’économiste Salah Mihoubi. Ce dernier admet toutefois qu’on ne peut pas prévoir les dérives ni anticiper leurs conséquences en déclarant que « la corruption est un phénomène mondial qui existe et qui existera toujours ».

Par ailleurs, il a insisté sur le fait que le président de la République, dans son discours, s’est montré déterminé à lutter contre la corruption et le détournement de l’argent public en Algérie. Mais cela dépendra de la gouvernance. « Il faut que les autorités publiques soient plus attentives à ce que les projets soient réalisés dans les délais prévus et avec les montants préalablement définis », a-t-il affirmé. Un avis partagé par l’expert économiste Malek Serraï qui préconise un système informatisé qui permet une plus grande transparence dans la gestion des biens publics. « Certes, le programme ambitieux de 150 milliards de dollars suscite un intérêt particulier pour les nationaux mais surtout les internationaux qui veulent tirer de grands profits de cet argent », a-t-il commenté. Pour cet expert international, il y aura toujours des détournements tant que l’Etat ne dispose pas d’un système de gestion transparent, donc informatisé. « Il y aura toujours 13 à 14 % d’argent détourné dans le cadre de l’augmentation disproportionnée des coûts des projets », a-t-il averti. M. Serraï admet que les dépenses des deniers publics ne sont pas toujours rationnelles. Il a cité l’exemple du secteur agricole dans lequel l’Etat a injecté des sommes faramineuses mais sans pour autant réduire la facture d’importation des produits alimentaires en Algérie. La seule explication pour l’économiste est que cet argent ne profite pas réellement au secteur : « La mafia de l’agriculture spécule sur les prix de la pomme de terre et les semences, la mafia du secteur du bâtiment joue sur les prix du béton, de l’acier et du ciment, celle de l’agroalimentaire sur les prix du sucre, de l’huile et du café et ainsi de suite. » M. Serraï parle même de la mafia de la finance qui octroie des crédits pour des projets virtuels sans garantie aucune, alors que les jeunes diplômés sont là à attendre désespérément que les banques leur accordent un microcrédit.

Synthèse de Rayane, www.algerie-dz.com
D’après le Jeune Indépendant