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Rapports Algérie - Banque mondiale

dimanche 25 avril 2004, par Hassiba

A lire les derniers rapports de la Banque mondiale sur l’Algérie, une principale conclusion se dégage de cette lecture. Les relations Algérie - Banque mondiale (BM) ont évolué significativement.

Des relations qui remontent aux premières années de l’indépendance nationale. L’intervention, dès lors, de cette institution financière internationale portait essentiellement sur l’assistance et l’accompagnement d’Etats en phase de construction. Formation de cadres de différents secteurs d’activités, l’octroi de crédits pour le financement des infrastructures et l’assistance technique sont autant de programmes entrant dans le domaine de l’intervention de la Banque mondiale durant l’époque post-indépendance.

Ce mode d’intervention s’est maintenu jusqu’au au début des années 1990 date à laquelle l’Algérie est entrée dans une crise économique sans précédent. Une crise qui a été la résultante d’un endettement extérieur très important conjuguée à une chute spectaculaire des prix du pétrole. Le pays est même arrivé à une situation de cessation de paiement. Devant un tel « pétrin », moins de solutions s’offraient aux pouvoirs publics de l’époque. Et c’est à ce moment-là qu’on a assisté au pic de l’intervention des deux principales institutions financières internationales, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) que la plupart des Algériens ne connaissaient pas encore.

Devant une situation quasi chaotique, une seule alternative était dès lors possible, à savoir entamer des négociations pour le rééchelonnement de la dette extérieure et appliquer en urgence des réformes structurelles que le FMI et la BM imposaient à Algérie dans le cadre de ce qu’on appelait le plan d’ajustement structurel (PAS). Les conséquences d’un tel plan d’urgence n’étaient malheureusement pas sans prix. L’application dans les années 1994 et 1995 du PAS a entraîné une importante saignée dans le secteur public en raison des licenciements massifs d’employés. Ils sont pas moins de 400 000 employés qui ont fait les frais de cette thérapie de choc. Des conséquences que le partenaire social, représenté par la centrale syndicale, n’a pu admettre et accepter. On a même accusé le gouvernement de l’époque de vouloir brader le secteur public au profit de la BM et du FMI.

Il faut dire que la réputation de ces institutions devenues très célèbres en Algérie s’est nettement détériorée auprès de l’opinion publique nationale qui imputait tout le marasme social de la société à ces deux entités internationales. Le PAS a constitué un véritable test de vérité pour l’Algérie qui a pu, grâce aux réformes enclenchées dans tous les secteurs d’activité, sortir de l’ornière. Cela a été d’autant plus risqué dans la mesure où le pays vivait en parallèle une autre crise, plus dangereuse, qu’est la crise sécuritaire.Le terrorisme a pour sa part porté un coup très dur à l’économie nationale. La situation a commencé par s’améliorer dès le début de 1999, l’année qui a vu une montée sensible des prix du pétrole et qui, fort heureusement, dure toujours.

Soutenue par l’embellie financière drainée par les exportations des hydrocarbures ainsi que par une nette amélioration de la situation sécuritaire, l’Algérie a commencé réellement à consolider ses réformes structurelles et à réaliser des taux de croissance appréciables. La BM qui, à travers des rapports périodiques, suivait de près la situation en Algérie, a été amenée, pour sa part, au regard des nouvelles donnes, à adapter ses rapports avec le pays en fonction des nouveaux besoins. Ainsi, et à la demande du gouvernement algérien, une nouvelle stratégie de coopération est née représentant désormais le nouveau cadre des rapports bilatéraux entre l’Algérie et la BM. Appelée Country Assistance Strategy (CAS), cette nouvelle stratégie de coopération s’étalera sur la période 2004-2006. Elle vise, à travers plusieurs projets restant à définir et/ou à finaliser, à favoriser la croissance économique et la création d’emplois en aidant les pouvoirs publics à accroître à la fois l’efficacité des dépenses publiques et la place et le rôle de l’investissement privé dans l’économie.

Les projets en question concernent, entre autres, l’emploi rural, la restructuration des zones sinistrées, l’eau et l’assainissement, la lutte contre la pollution industrielle, la résorption de l’habitat précaire, la réforme des télécommunications, la modernisation du système bancaire, l’assistance technique à la privatisation, au système financier et aux secteurs de l’énergie, des services et des transports.

Par Salah Slimani, La Tribune