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Union Bank en liquidation judiciaire

mardi 20 juillet 2004, par Hassiba

En Algérie, la chute de l’empire Khalifa, en avril 2003, a eu des conséquences fâcheuses sur l’ensemble du secteur bancaire privé.

La liquidation d’El Khalifa Bank, avec un trou de 1,3 milliard de dollars, a été suivie, quelques mois plus tard, par celle de la Banque commerciale et industrielle d’Algérie (BCIA). On avait alors frisé la crise systémique. Fort de ses 98% de parts de marché, le secteur public n’a pas manifesté de solidarité à l’égard des jeunes banques privées. Il a même aggravé leur situation en refusant de payer les chèques qu’elles émettaient et en rejetant leurs demandes de crédits. Résultat : crise de confiance chez les épargnants, retraits massifs d’argent et fermetures de comptes. L’Union Bank, une banque d’affaires algérienne, créée en 1995, n’a pas pu échapper au “séisme qui a secoué la place financière algérienne” et dont les répliques se font de plus en plus sentir. La justice a ordonné la semaine passée “la liquidation judiciaire” de la banque d’affaires. Cette dernière, nous dit-on, a introduit un recours.

La genèse des déboires de l’Union Bank
Tout a commencé, en réalité, en septembre 2003. La Banque d’Algérie avait adressé une note à plusieurs entreprises nationales publiques et privées les avertissant que l’Union Bank ne pouvait plus effectuer d’opérations de compensation. Pour information, les opérations de compensation se déroulent au niveau de la Chambre de compensation domiciliée au niveau de la Banque d’Algérie. Son rôle est de solder les comptes entres banques suite à des opérations ordinaires de débits et crédits. Plusieurs gros clients de l’Union Bank se sont retirés. Sonelgaz, pour rappel, avait instruit toutes ses structures de ne plus accepter les chèques clients domiciliés au niveau de l’Union Bank. Brahim Hadjas, lui-même, reconnaît que sa banque a été touchée par ce mouvement de “désaffection” de la clientèle. Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle le patron de l’Union Bank a saisi “la justice pour se protéger”. Auparavant, Brahim Hadjas avait proposé une sortie de crise s’étalant sur neuf mois assortie d’un prêt auprès de la Banque d’Algérie pour rembourser ses clients et regagner leur confiance. Il avait demandé un prêt de 5 milliards de dinars. En contrepartie, il a engagé comme hypothèque les actifs du groupe pour le remboursement dudit prêt. Ce plan, semble-t-il, n’a pas eu de suite. Première conséquence, la section commerciale du tribunal de sidi M’hamed prononce, le 14 octobre 2003, le règlement judiciaire de la banque. Un jugement qui fut rectifié le 18 novembre 2003, en autorisant la poursuite de l’exploitation de la banque avec la nomination d’un syndic-administrateur judiciaire. Le même tribunal autorise, en février 2004, la prorogation de délai de la déclaration des créances et une date limite, le 14 mars à minuit. C’est le premier pas vers la liquidation judiciaire.

Liquidation judiciaire
Union Bank est la doyenne des banques privées. Depuis sa création, elle a eu à faire face à plus de 90 procédures judiciaires initiées, directement ou indirectement, par la Banque centrale. La plupart des observateurs prédisaient sa chute prochaine après les affaires d’El Khalifa et BCIA. Ces observateurs ont vu juste. La semaine passée, le tribunal de Sidi M’hamed prononce la liquidation judiciaire de la banque, un jugement de 12 pages, nous dit-on. L’union Bank a été admise en règlement judiciaire. Comme il n’y a pas eu de sortie de crise, le tribunal a indirectement prononcé la faillite de la banque. Mais contrairement à El Khalifa Bank et la BCIA, dont la liquidation a été prononcée par la commission bancaire, à travers le retrait d’agrément, l’Union Bank, une petite banque d’affaires, est justement victime de la crise de confiance née de la disparition des deux banques commerciales privées. Brahim Hadjas a toujours souligné que “la solvabilité” de sa banque. Il a créé autour de sa banque plusieurs filiales, dont la plus connue est Union pêche, c’est pour cela qu’il a introduit un recours. D’un autre côté, la dernière loi sur la monnaie et le crédit a interdit le financement des activités (commerciales et d’investissement) des actionnaires de la banque. En d’autres termes, les actionnaires d’une banque ne peuvent plus bénéficier de crédits de leur banque et financer le développement du groupe. Hier, toutes nos tentatives de joindre le patron ou l’un des responsables de la banque se sont avérées vaines. Un silence, pour l’heure, incompréhensible. La personne, au bout du téléphone, lance en ce sens : “même le liquidateur est absent.”

Par Meziane Rabhi, Liberté