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L’Algérie reste dépendante des importations alimentaires

lundi 9 juin 2008, par Rédaction

L’Algérie doit moderniser son agriculture pour réduire sa dépendance aux importations alimentaires selon le chercheur Hocine Ait Amara.

L'Algérie et la dépendance alimentaire. L’expert et chercheur Hocine Ait Amara a été très direct hier, lors de sa présentation du résumé de sa communication intitulée « de la dépendance à l’insécurité alimentaire » lors de la tenue, au cercle militaire de Beni Messous, des 4èmes journées parlementaires sur la défense nationale, organisées par le Conseil de la Nation. Ait Amara a indiqué que l’Algérie est fortement dépendant des importations en matière d’aliments de base. « Les importations couvrent 70% environ de la ration calorique des Algériens », a-t-il indiqué en précisant « que les importations des denrées alimentaires de base sont en constante évolution et risquent de s’accroître dans les années à venir ». L’intervenant précise que le taux de dépendance pour les céréales est très élevé ; il est de l’ordre de 70% pour la consommation humaine, 30% pour l’alimentation animale (ovin, bovin et filière avicole). Et de prévenir que la FAO prévoit, pour 2015, un accroissement de ce déficit à 8,5 millions de tonnes de céréales. L’expert ouvre une parenthèse pour dire que certains pays, grands producteurs des céréales, ont interdit à leurs producteurs d’exporter les céréales suite à la baisse des productions au niveau mondial.

« Si cette pénurie persiste, les pays producteurs vont garder des stocks pour satisfaire les besoins locaux, et la première mesure qu’ils vont prendre, c’est d’arrêter carrément les exportations. La menace est à ce niveau », a-t-il ajouté. Et d’évoquer les chocs qui peuvent intervenir comme la baisse des prix de pétrole ou encore sa fin annoncée autour de 2040. Hocine Ait Amara a reconnu que l’Algérie fait face à une incapacité structurelle de l’agriculture pour répondre à ses besoins. Il a énuméré des contraintes liées au climat méditerranéen sec, à la topographie et aux ressources foncières limitées, aux faiblesses des ressources en eau et surtout à la désertification. Le conférencier a aussi évoqué la situation des terres agricoles du littoral et de la Mitidja qui sont les seules terres fertiles et à fort rendement, mais qui sont la proie du béton. « Il faut savoir que le reste des terres sont de mauvaise qualité agronomiques », a-t-il tenu à souligner en ajoutant que « l’Algérie a les plus faibles rendements de céréales dans la Méditerranée ». Pour bien illustrer son idée, le conférencier dira que les rendements de céréales en Algérie sont de 10 quintaux à l’hectare alors qu’ils sont à 100 quintaux à l’hectare dans le bassin parisien.

Synthèse de Rayane, www.algerie-dz.com
D’après le Quotidien d’Oran