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Qui veut spolier le RCD de son siège ?

Un huissier de Justice, hier, au parti de Saïd Sadi

mardi 9 mars 2004, par Hassiba

Un couple français est brusquement sorti de l’ombre pour réclamer son “droit de propriété” sur l’immeuble sis à Didouche-Mourad, et la justice algérienne semble jouer le jeu. Le RCD est de nouveau face à une “entrave du clan présidentiel”.

Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), dont le président Saïd Sadi est candidat à l’élection présidentielle du 8 avril, a été hier destinataire d’une convocation le sommant de quitter son siège national sis à Didouche-Mourad.

C’est un huissier de justice qui s’y est déplacé, tôt le matin, pour la remettre au responsable administratif du parti. Dans un communiqué rendu public, hier, le RCD a rappelé que “ce local a été mis à la disposition du Rassemblement par la chefferie du gouvernement en 1990” et que “l’origine de la propriété remonte aux transferts des biens entrant dans le cadre des négociations des accords d’Évian”. Et d’ajouter : “Il appartient, par conséquent, au gouvernement algérien de défendre la propriété ou la mise à disposition de biens au profit des institutions algériennes comme c’est le cas dans cette affaire.”

Il est à signaler que, du temps de la colonisation, cet immeuble avait appartenu à un couple français avant d’être récupéré, après l’indépendance, par l’État algérien. Il sera cédé au RCD le 16 octobre 1990 par le gouvernement Hamrouche. Ce n’est que 14 ans après son octroi au parti de Saïd Sadi et 42 ans après l’indépendance du pays que ce fameux couple, comme par enchantement, s’est donc souvenu avoir laissé en Algérie un immeuble qu’il y a lieu de récupérer ! Pour le RCD, en tout cas, cette affaire n’est rien d’autre qu’un montage politique contre lui et son président Saïd Sadi et a un lien direct avec le contexte politique actuel.

D’ailleurs, il est bien précisé dans le communiqué que “cette démarche survient précisément au moment où la campagne électorale pour l’élection présidentielle va démarrer”. Pour le RCD, “un tel hasard de calendrier n’est pas fortuit”. Pourquoi ? Car “il vient s’ajouter à une liste déjà longue d’entraves dressées devant le Rassemblement pour l’empêcher d’exprimer son opposition au Président-candidat, d’autant plus fébrile qu’il se sait rejeté par les Algériens”, est-il expliqué. Le RCD s’est dit ne pas accepter “le fait accompli, fût-il habillé d’un juridisme qui n’en est pas à sa première forfaiture”.
Chez bon nombre de responsables du RCD, la conviction est que cette affaire est montée par le clan présidentiel pour faire diversion sur la campagne électorale et empêcher le candidat Saïd Sadi d’apporter la contradiction au Président-candidat. Sa stratégie est simple : créer des problèmes aux concurrents les plus sérieux pour s’occuper d’autre chose que de leur campagne électorale. Rencontré, hier, Saïd Sadi est loin d’être affecté par cet énième écueil.

Il se dit plus que jamais serein et voit dans ces procédés “un signe d’affolement plus que celui d’autorité”. “On ne recourt pas à ce genre de forfaiture quand on est sûr de soi. Ça dégrade un peu plus la perception politique de ce clan. Nous n’avons pas affaire à une dictature ni à une maffia, mais à une voyoucratie. Il est clair que sa fin est proche”, a-t-il ajouté. Pour Sadi, le Président-candidat qui n’a fait que “du bricolage et de l’agitation” est, non seulement “incompétent à construire”, mais aussi “incapable de mener une stratégie de répression cohérente”.

Abordant la décision du Conseil d’État confirmant l’invalidation du VIIIe congrès du FLN, Saïd Sadi estime qu’“elle va laisser d’importantes séquelles dans les esprits”.

Pour ce qui est de l’élection présidentielle du 8 avril, le candidat Saïd Sadi affirme qu’“il y a possibilité de faire surveiller les urnes le jour du vote”.
Sa conviction est que l’élection “n’est pas jouée”. “Si elle était vraiment jouée, Bouteflika n’aurait pas fait tout ce qu’il est en train de faire”, a-t-il expliqué. Autre chose : Saïd Sadi n’accorde aucun crédit aux rumeurs sur un prétendu soutien de l’armée au Président-candidat. “L’armée n’est pas avec Bouteflika”, tranche-t-il.

Arab Chih, Liberté