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Pour qui roule Khalifa News ?

lundi 29 mars 2004, par Hassiba

En relançant sa chaîne de télévision, K. News, juste le temps d’une campagne électorale et en la mettant à la disposition de certains candidats à la présidentielle, Abdelmoumène Khalifa est-il à la recherche d’une issue lui permettant d’être blanchi de toutes les accusations qui pèsent contre lui ?

Tout porte à le croire si on prend en considération que K. News a été mise particulièrement à la disposition d’un seul candidat, Ali Benflis. Ce dernier est considéré comme le principal rival de Bouteflika pour ces présidentielles 2004.

En parallèle, une autre alliance s’est tissée entre la chaîne de télévision de Abdelmoumène et certains titres de la presse privée algérienne. Ces journaux alimentent quotidiennement en informations le journal télévisé de K. News.

Mais Ali Benflis a-t-il intérêt à accepter un soutien aussi ouvert de la part du patron du défunt groupe Khalifa sans voir sa crédibilité entachée ?

La justice vient récemment de condamner Abdelmoumène Khalifa à cinq ans de prison ferme par contumance dans l’affaire de transfert illégal de devises à l’étranger. Et il faudra attendre l’exécution du mandat d’arrêt international lancé à son égard pour voir enfin se dérouler le procès très attendu du plus grand scandale financier vécu par le pays depuis son indépendance.
Une année s’est écoulée depuis que l’affaire Khalifa a éclaté au grand jour. Et depuis, les citoyens attendent toujours de voir Abdelmoumène Khalifa rendre public le rapport d’activité de sa banque et de ses filiales. S’il existe évidemment.

Plus grave encore, Abdelmoumène Khalifa n’a pas hésité un seul instant à renflouer ses caisses en accaparant l’argent de la sécurité sociale, des retraites et du chômage. Pas moins de 40 milliards de dinars, soit l’équivalent de 570 millions de dollars ont été transféré des caisses de la Cnas à celles de la banque de Abdelmoumène Khalifa en plusieurs tranches. L’argent des travailleurs et des employeurs a été versé à Khalifa Bank avec la bénédiction de la direction de l’Ugta, majoritaire dans les conseils d’administration des caisses de sécurité sociale .La responsabilité du gouvernement de l’époque est entièrement engagé dans cette affaire. Et ceci à partir du moment où c’est le Trésor public est appelé à rembourser ces montants.
Créée en 1998, la banque Khalifa et ses multiples filiales ont prospéré durant la période où Ali Benflis occupait le poste de chef du gouvernement.

Magouilles à la chefferie
du gouvernement

Après la décision prise par la Banque d’Algérie de geler toutes les opérations de transfert des devises de et vers l’étranger de Khalifa Bank le 27 novembre 2002 et la nomination d’un administrateur le 3 mars 2003, aucun audit n’a été demandé. Lors d’une réunion interministérielle tenue à la fin du mois de mars 2003 et malgré l’absence de tout bilan d’activité de la banque après quatre ans d’existence Ali Benflis, alors chef du gouvernement n’a pas eu le réflexe de demander une expertise des comptes.
Cette faille a ouvert la voie plus tard à des spéculations politiques. Selon ceux qui suivent le dossier du groupe Khalifa, la non-exigence d’un audit de la part du gouvernement de l’époque aurait été dictée par une volonté de ne pas étaler au grand jour un scandale qui aurait éclaboussé tout le monde. Surtout ceux qui ont bénéficié des largesses de Abdelmoumène Khalifa.

Selon les détracteurs de Benflis, ce dernier alors, chef du gouvernement, aurait été défavorable à la liquidation en raison du fait qu’il a loué, pour cinq ans, un local familial situé à Batna au Groupe Khalifa pour un montant global de 350 millions.

Plus grave encore et alors qu’il occupait le palais du gouvernement, Benflis aurait accordé un marché pour le nettoyage des services du chef du gouvernement à une société qui appartenait à son fils et ceci pour un montant annuel de un milliard de centimes. Cette société qui utilisait un prête-nom, s’appelle CEER. Il a fallu attendre la venue de Ouyahia comme chef du gouvernement pour voir l’opération de renouvellement du contrat de nettoyage se dérouler normalement après le lancement d’un avis d’appel d’offres.

Le candidat Ali Benflis est-il aussi « propre » qu’il le laisse apparaître. En attendant qu’il prouve le contraire, ses accointances avec Abdelmoumène Khalifa ne font que l’enliser.

M. Chermat,La Nouvelle République