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Sadi à Batna, Biskra et El-Oued

“Votez pour le changement !”

mardi 23 mars 2004, par Hassiba

Le candidat de l’opposition démocratique a assuré les électeurs qu’il est possible d’empêcher la fraude.

Saïd Sadi a sillonné, hier, une partie de l’Algérie profonde sous ses différents paysages (naturels et politiques s’entend). Il a entamé sa tournée électorale par Arris, lieu de sépulture de Mustapha Benboulaïd. Le candidat à la présidentielle a déposé une gerbe de fleurs au pied de la stèle à l’effigie du martyr.
Au moment de l’arrivée du cortège au centre de la commune, des délégués des archs de Arris et Tkout manifestaient, devant le tribunal, en signe de solidarité avec le vice-président de l’APC contre lequel le P/APC a intenté un procès.

Les animateurs du mouvement citoyen ne cherchent pas à perturber le bain de foule du président du RCD.
Ne prêtant pas attention aux délégués, le postulant à la magistrature suprême incite les gens, rassemblés autour de lui, à voter massivement le 8 avril prochain. “La citoyenneté signifie aller voter. Pour cette fois-ci, nous avons l’opportunité de connaître une élection présidentielle transparente”.

Il explique qu’il a instruit les militants de son parti de coordonner leurs efforts dans la supervision de l’opération de vote avec ceux d’El Islah qui a présenté la candidature de Abdallah Djaballah et ceux du FLN restés fidèles à Ali Benflis.

Une ambiance particulière règne dans cette localité, qui semble attachée à son engagement pour la libération du pays du joug du colonialisme. Un ancien maquisard, qui écoutait avec intérêt le discours du président du RCD, nous certifie que l’électorat de cette région, qu’on dit acquise à Benflis, est assez partagé. “Nous sommes des Berbères, donc sensibles au projet de celui qui défend notre identité”.
Ali Deghmani est fier de nous apprendre qu’il est considéré comme le plus jeune prisonnier de la guerre de Libération. “Ma mère, une révolutionnaire, a été mise en prison avec son bébé, c’est-à-dire moi qui n’avais que six mois”. Lui, non plus n’a pas vraiment de pronostic à donner sur les résultats des suffrages du 8 avril. “Celui que donneront les urnes, sera le président de tous les Algériens”.

Dans la commune de Gharissa (wilaya de Batna), Saïd Sadi est interpellé, par le président de l’association locale de tourisme et de l’artisanat, sur la détérioration de vestiges séculaires, “les balcons de Ghoufi”, classés par l’Unesco patrimoine historique international. Il détourne aussitôt la délégation vers le site, d’un pittoresque atypique.

Les balcons de Ghoufi représentent un conglomérat d’habitations, très anciennes, construites en cascade sur le flanc d’une colline, nichée au creux d’une palmeraie. “En 1978, cet endroit avait meilleure allure”, regrette le candidat du RCD, ajoutant que l’Algérie aurait pu tirer grandement profit de l’activité touristique si elle avait su, ne serait-ce que mettre en valeur ses nombreux sites classés. à l’entrée de Biskra, une halte est marquée dans la commune de M’Chounèche. à la demande de la population, Sadi improvise un meeting dans une salle de spectacle. “Vous connaissez mon projet, vous connaissez mes objectifs politiques. Si vous voulez le changement, soyez avec moi, car une seule main ne peut applaudir”, soutient-il en préambule à son discours. “Je n’ai de problèmes avec personne. Mais je veux en finir avec ce régime qui a détruit le pays”, précise-t-il.

Sadi a critiqué le président sortant, le rendant surtout responsable de l’échec de la démarche portant concorde civile, qu’il a dévoyée de son objectif en la faisant suivre du décret portant “grâce amnistiante”. Il a relevé aussi l’incapacité du président-candidat à aller au bout des chantiers qu’il avait promis d’ouvrir au début de son mandat, son aversion envers la presse privée et le pluralisme politique...

Encore une fois, Saïd Sadi a prévenu son auditoire contre l’abstention. “Réfléchissez bien à votre choix avant de mettre le bulletin dans l’urne”, conseille-t-il. Il en fera de même lors des meetings qu’il a animés, hier, à Biskra-ville puis à El-Oued.

Dans la ville aux mille Coupoles, le richissime homme d’affaires, Djillali Mehri, lui a “réservé un accueil grandiose”, nous dit-on. Il aurait invité tous les notables de la localité à une soirée en l’honneur du candidat à la présidentielle.

S. H.,Liberté