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Saïd Sadi invite Bouteflika à un face-à-face télévisé

lundi 29 mars 2004, par Hassiba

"Je demande à Bouteflika de nous rencontrer sur un plateau de télévision pour parler de son bilan et de son projet”, lançait Saïd Sadi, hier, à la salle Cirta de Constantine, devant une assistance totalement acquise à sa candidature.

Il met ainsi en évidence ce qui manque cruellement à la campagne électorale en cours : un échange direct entre deux ou plusieurs candidats en lice pour la présidentielle. “Le débat contradictoire est une pratique démocratique”, insiste le prétendant à la magistrature suprême. Une telle opportunité ne s’étant pas encore présentée, Saïd Sadi continue à exposer aux citoyens qui participent à ses meetings dans les différentes villes qu’il sillonne depuis le début de la campagne électorale (au moins deux wilayas visitées chaque jour), son évaluation du bilan du président de la République sortant. Il parle alors de l’échec de la politique de concorde civile parce que dévoyée de sa trajectoire originelle, des nombreux chantiers de réforme laissés en stand by, de la récession économique au moment où les prix du pétrole sont à un niveau élevé... “Bouteflika était soutenu par les forces politiques de toutes les sensibilités au début de son mandat ; il a bénéficié d’une conjoncture économique très favorable... Pourtant, son bilan est catastrophique”.

En conséquence, le président du RCD appelle les électeurs à voter pour le changement. “Le bulletin de vote que vous mettrez dans l’urne, le 8 avril prochain, sera l’acte de naissance de l’avenir de vos enfants. Nous avons perdu beaucoup de temps et l’occasion offerte par le président Mohamed Boudiaf. Cette fois-ci, l’Histoire ne nous pardonnera pas de manquer une élection réellement transparente”, avertit-il. Usant d’un ton persuasif, il affirme que Abdelaziz Bouteflika et ses partisans ne pourront pas frauder le jour J. “Nous serons là pour surveiller les bureaux de vote”, promet-il en rappelant que les militants du RCD coordonneront leurs efforts, dans la supervision de l’opération de vote, avec ceux d’El Islah et de l’aile du FLN restée fidèle à Ali Benflis. Il ne cesse de marteler aussi que l’armée s’est retirée de la vie politique, rendant par là même le jeu électoral totalement libre. “La citoyenneté se traduit par un choix autour des idées et des programmes. Réfléchissez bien et votez pour le changement”, recommande le candidat de l’opposition démocratique. à partir de là, il présente le projet de société qu’il préconise pour l’Algérie. “Le projet de l’opposition démocratique plaide pour la réforme de l’école, l’indépendance de la justice, les réformes économiques... ”, explique-t-il à son auditoire.

Saïd Sadi prend alors le temps qu’il faut pour développer le plan Marshall qu’il compte mettre en œuvre pour sortir la jeunesse algérienne du marasme socioculturel. “33 milliards de dollars sont dans les caisses de l’état et la jeunesse reste dans la rue. Je ne peux tolérer, ni comprendre une situation pareille”, déclare-t-il. Il assure que des institutions internationales, comme l’Union européenne, sont disposées à financer des projets d’investissement pilotés par des jeunes, à condition qu’elles aient en face un interlocuteur crédible, en ce sens qu’elles ne veulent plus de ces procédures complexes qui favorisent l’utilisation des crédits à des fins autres que celles auxquelles ils étaient destinés.

En conclusion, il s’engage publiquement, s’il “gagne l’élection présidentielle ou s’il participe au gouvernement après le 8 avril” à œuvrer pour l’installation d’une commission nationale indépendante qui évaluera tout ce qui a été fait -ou n’a pas été fait- en Algérie depuis l’indépendance. “Une commission qui devra rendre ses résultats dans un délai de trois mois pour que nous prenions un nouveau départ”, ajoute-t-il.
Avant d’arriver à Constantine, dernière escale de la journée, jointe par route à partir de Béjaïa, le candidat à la présidentielle s’était arrêté à Souk El-tenine, à Boublatane, à Ziama-Mansouria, puis à Chelghoum El-Aïd où il a été accueilli par des citoyens qui scandaient : “Sadi président”. Au chef-lieu de Jijel, il a parcouru à pied, comme à l’accoutumée, le chemin menant de sa permanence électorale à la salle Bouhanche où il devait tenir un meeting. Le cortège grossissait au fur et à mesure qu’il avançait.

De temps à autre, Sadi s’arrêtait pour parler avec un ou des citoyens. Au programme inscrit à ses visites de proximité et à ses meetings pour aujourd’hui, sont prévues trois destinations : Guelma, Souk-Ahras et Annaba.

S.H. Liberté